Présent qui s’échappe quand on croit le posséder
Et se dérobe à nous quand on veut s’y accrocher
Temps renié inutilement, paysage impossible à encadrer
Instants amarrés par des chaînes imperceptibles
Seuls espoirs de déjouer les tours du temps
En lui dérobant ces présents insoupçonnés .
Le fleuve de l’insaisissable serpente dans la réalité .
Sans toi je perds mes paysages
Le soleil pleure et les nuages se figent
Mes musiques se taisent
Et la lumière s’éteint .
C’est au sombre pays de la peur
Que je voyage
Et les chaînes qui se brisent alors
Ne sont que les liens dorés
Auxquels je m’accrochais
Et c’est au temps
Que j’échappe malgré moi
Car il s’immobilise au moment inopportun .
Et je n’en finis pas de tomber
Et tout se fait douleur
Et attente insurmontable
Et mes pas trébuchants ne me mènent nulle part
Car c’est à toi que tout me ramène
Et pourtant je n’aurai pas un instant de vie avec toi .
Tendresse écrasée
Répandue pour rien .
Le soleil a perdu des rayons
Et l’or a coulé à pic,
Entraîné par le temps .
Un peu de bonheur échoué
Déversé avec tristesse
Se laisse mourir sur un rocher isolé
A l’abri des orages du quotidien .
Il ne reste qu’un peu d’amertume brûlante
Qui partira avec les embruns .
Univers dorés où le rêve s’éveille
Où les passions s’élèvent
Où chaque instant scintille
Où le jour est lumière
Et la nuit est velours
Où le charme jamais ne se rompt
Où le bonheur s’écoule
Dans chaque perle d’eau .
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