Sombre nuage autrefois inconnu,
Méconnu les jours brûlants
Et aujourd’hui reconnu …
La nostalgie libérée flotte à travers ciel
Car un soleil ne vient jamais seul,
Et c’est elle qui tient la traîne
De ses rayons flamboyants
Et même s’il faut souffrir un jour
Pour l’apercevoir, même en mirage,
Puisque le voir en songe c’est déjà renoncer,
Et puisqu’un arc-en-ciel n’est rien
Si notre regard l’efface,
La marche vers l’impossible
Est toujours triomphante .
Vents épicés, saveurs marines mêlées de miel
Appel irrésistible des vagues murmurantes
Où ciel et soleil coulent à flot
Sertissant l’atoll de parures d’or rayé d’azur
Tout est courbes tendres et caresses imperceptibles
Sur les rivages drapés de soie opaline .
Le fleuve est là, devant, qui coule paisiblement
Ignorant le temps, niant l’espace
Et il ne tient qu’à nous de laisser filer l’ancre
Et d’embarquer,
De suivre le cours d’un présent sans guerres
Et de couler vers l’océan des jours sans tempêtes
Mais le vent nous retient sur le rivage
Et le sable s’accroche à nos pas
Alors on se détourne, et l’on retourne
A des jours plus agités, plus tristes et plus vides
Et le présent s’effeuille
Au gré d’un temps moins vrai .
Accents grandioses qui montent des profondeurs
Présent céleste que l’on fait sien
L’espace d’un soir, entre soleil et lune
Interstice inespéré, parenthèse miraculeuse
Richesse brûlante qu’on détient un instant
Lumineuse, incompréhensible
Ronde magique qui ralentit
Pour qu’on y entre comme dans un secret
Message qu’on reçoit et qu’on transmet
Et qui nous échappe aussitôt
Dont la portée n’est plus que musicale
Et dont la clé nous est reprise
Jusqu’à la prochaine création .