Mélancolie cassée
Source amère à demi asséchée
Les mots se meurent
Et les souvenirs se taisent
Même le gris du ciel se fond
Le silence n’est plus la paix
Et la paix n’est plus vivace
C’est alors un grondement que l’on guette
L’annonce de l’orage bienfaiteur
Qui remettra à leur place
Couleurs et sentiments .
Musique de cristal
Couleur de mystère
Mélopée à jamais renouvelée
Bonheur à longueur de temps
Unique persistance dans un ciel
Toujours en mouvance
Seul cercle inviolable
Ligne scintillante dont les pointillés
Se rejoignent à l’infini
Départ impromptu d’un souvenir doré
Images enfouies d’un passé inconsistant
Rêves en fuites ou fuite rêvée
On n’évoque jamais que des mirages
Qu’un paradis délavé par les pluies
Et dont les contours s’évaporent
Aux premières chaleurs .
Le vent gémit et la musique pleure
Les couleurs pâlissent et les parfums s’affadissent
Dans les méandres un peu lassants de l’intemporel
Le bonheur s’est perdu, oublié par la chance .
Les eaux du fleuve se sont retirées .
Seul demeure ce mal indicible qu’on nomme
Souvenir .
Etoiles éclatées, ciel déchiré
Miroir à l’envers et décor retourné
On arrache le rideau devenu inutile
Et par les sentiers fragiles
Qui mènent à l’incertain
On retourne dans les coulisses d’un désespoir
Où même la douleur est sans saveur
Et où le vide est roi .