Gris
Les mots s’écroulent, fragiles refuges
Les rêves s’effacent, piètres horizons
Rupture déchirante de l’habitude,
Fissure intempestive
Douleur éperdue de lassitude
Désespoir noyé par la peur
Eclipse intermittente d’un soleil trop fragile
Entre douleur-ivresse
Et renoncement indolore
Un ailleurs désormais inutile
Des printemps sans renouveau
Des étés sans éclat
Et des paysages oubliés
Et les images s’arrachent
Pauvres feuilles automnales
Et la froideur s’installe bien avant l’hiver
Et la tristesse n’est plus qu’un souvenir fané .
A chaque douleur
Le soleil perd un rayon
Et l’âme prend une ride
Le charme des jours se fane
Les passions s’ensommeillent
Et l’insouciante fraîcheur se glace
L’horizon s’embrume à chaque automne
Et les couleurs s’arrachent une à une
De l’arc-en-ciel du rêve .
Un à un les rêves se retirent
Et vont mourir sur la grève désenchantée
Les espoirs s’enlisent et meurent avec les vagues .
A chaque marée un souvenir s’échoue
Et l’or du soleil se noie
Dans l’écume du quotidien .
Indifférence absolue d’un quotidien désamarré
Errance infinie entre vide et désespérance
Un vent traître a déchiré les voiles du rêve
Et éteint les passions qui brûlaient encore
Et le désert s’installe sans lutte ni triomphe
Et les vagues s’en retournent,
Fuyant les gris rivages .
Nanou