Rêves
Les murs se sont épaissis
Le lourd rideau de velours s’est abattu
La froideur pénétrante a étouffé la lumière
Et les couleurs s’effacent jour après jour
Emportant avec elles des souvenirs fragiles
Qui subsistaient encore
Et qui se sont fanés comme des fleurs coupées .
La princesse s’endort doucement
Dans son palais d’ivoire aux portes trop lourdes
Aux fenêtres striées d’or …
Le silence s’est glissé sournoisement
Et il a tout envahi
Le brouillard a posé ses ailes sombres
La musique se meurt
Et la vie s’enfuit, de plus en plus loin .
Les fossés se creusent, de plus en plus profonds
Et des torrents d’amertume viennent y noyer
Mots et sentiments …
L’ombre de la solitude vient se glisser
Au milieu de tout ce qui était familier
Et l’on est immobilisé, comme ébloui
Par toutes les certitudes que l’on refusait .
Les vagues grises ont tout dévasté …
Les mots qui avaient à peine vu le jour
Se meurent déjà …
Les images qui naissaient ont été noyées
Les mirages se sont brisés comme des miroirs .
Le désert a repris ses droits
Et la conscience n’est plus .
Le silence dévorant a tout englouti
Et plus rien ne chante ni ne pleure
Dans les coquilles vides
Des espoirs désolés .
Le cadre s’est figé
Et vous vous éloignés
Comme des pantins sans âme .
Et je m’enfuis loin de vous
Emportée entre deux nuages
Traversant mon océan sans horizon
Vers ma caverne de désespoir
Où seule la musique peut me rejoindre .
Mais la mélodie désenchantée
Vient mourir comme une vague …