Blues
Plus rien ne vous ressemble …
Même les objets s’éloignent
Et vous abandonnent
Tout se tait …
Les portes se ferment, doucement
Mais pour toujours …
On ne reconnaît plus rien
Une vague d’inconnu a tout noyé
Et les flammes ont dévoré
Ce qui restait de la pauvre forêt de mots
Qui vivait encore .
Le vent de la souffrance
A étouffé les rêves
Et ils s’éteignent peu à peu
Alors on reste figé, sans attente
On ferme les yeux pour ne pas voir
Les lueurs de l’aube …
Plus rien ne naîtra …
Alors on fait courir de faibles notes
Pour que vibrent encore
Les cordes de la création .
Comment décrocher un morceau de mon soleil noir
Qui parfois étincelle …
Comment en arracher la moitié
Pour que d’autres en boivent la sève si vivante …
Comment tirer le rideau pour qu’enfin il s’élève … ?
Si mes yeux levés vers le ciel
Doivent verser des larmes de sang,
Il faut que cette prière confuse et claire
Déchire les nuages
Et que des larmes d’or en tombent,
Inondant les chemins les plus escarpés .
Les rêves s’étiolent, plus rien ne vient les raviver …
Les ruelles désertes se transforment en impasses …
Les souvenirs battent la chamade …
Dans les filets il n’y a plus rien
On ne ramasse plus que des algues brunes
Au charme inutile .
Même les mirages n’ont plus de reflet
A peine nés ils s’effacent
Et l’ombre brûlante des soleils sans fin
N’apaise plus personne .