Le monde
Il est des instants fragiles
Où l’on flotte entre deux ciels
Où l’on s’accroche à cette lumière
Que l’on perçoit à peine
Dans la nuit triste et glacée …
Et l’on s’endort doucement
Sur un coussin d’étoiles ternies
Vaincu, terrassé par l’incertitude
Des artifices sans feux
Où des mots tissés de soie trop tendre se meurent
Comme des coquillages usés par les marées .
Les rayons meurtriers d’un soleil glacé vous poignardent
Et l’on s’enfonce dans les sables mouvants
D’une réalité piégée …
Tout a été si vain .
Les constellations de l’espoir n’étaient qu’un reflet sournois
L’envers d’un décor qui a basculé …
Alors monte l’écho d’une sourde menace
Et l’inutile reprend sa place dévorante et cruelle .
La pluie feutrant la nuit
De son murmure langoureux …
La pâleur de la lune baignée de larmes …
Tandis qu’au dehors tout est noyé
Le désespoir se meurt
Bercé par la douce candeur
D’une nuit duveteuse …
Et la note de la trêve
Se cristallisent dans le miroir
Et s’endorment dans le velours immobile .
Dans le mystère du fleuve
Les enfants en lambeaux
Essaient de laver la misère
Qui coule dans leurs veines
Et dans leurs grands yeux sans larmes
Un regard comme une prière
Et la liberté comme une offrande …
Ils implorent la Lumière
Puis ils dansent sous le grand toit du ciel
Avec leur joie noyant leur souffrance .