De cascades en dérives
La dérive a force de loi
Les mots s’interrogent et d’ombre se drapent
La fuite n’a pour seule gloire
Qu’un semblant de mystère
Mais les couleurs vacillent et l’on perd les contours
Nulle certitude n’en renaîtra .
Voile à demi levé pour échapper au vent
Désert déchirant des passions insoumises
Couleurs absentes qui faussent la toile
Danse sans éclat qui ne trompe qu’un temps
Fuite véritable devant tant d’artifice .
Déclaration latente où tous les mots se noient,
Peur fascinée d’un fleuve sans détours
Secret tactile qui s’enflamme et revient,
Pierre brûlante qui ne coule qu’en apparence,
Envol oublié qui reviendra demain,
La corolle s’efface sans espoir de retour .
Les mots qui tombent en cascades et qu’on laisse couler
Les années sans rien connaître, et les regrets d’hier et de demain
Les jours sans mémoire où l’on perd son quotidien
Les instants sans musique où l’on revient en vain
Et les couleurs manquées, lassées puis délaissées
Les rencontres à contresens et les riens importuns …
Le vague vous enlève et l’on rêve de vague .
Pêcheur de rêve, chercheur d’espoir
Peintre de l’oubli, bâtisseur de chimères
Cercles évanescents, auréoles persistantes
De l’ombre bleue à la lumière attristée
De l’espoir tamisé au spleen sans détresse
Du coche que l’on manque à la croche que l’on décoche
De ces ruelles sans fin que l’on suit sans doute
Reniant le dédale perdu des questions sans réponses .