Départ sans suite comme un jeu dangereux
Fausse nostalgie d’un passé redessiné
Et vraie mélodie chargée de lourds regrets .
Le non-vécu a déjà un goût de souvenir .
Si l’on pouvait remonter le cours des virages
Que de rivières calmes et tendres
On regarderait couler
Pour retenir un peu de leur lumière paisible
Et en remplir ensuite les jours désolés .
Le rêve source de vie ne coule qu’en secret
Les torrents de mystère dévalent les pentes douces
Des jardins de lumière que l’on peint pas à pas
Par touches brèves et vives, entre deux parenthèses
Quand le présent oublie ses clôtures
Et quand le souffle léger d’un zéphyr généreux
Offre par bribes les musiques essentielles
Et le soleil des solitudes .
Soupçon de rêve, frisson fugitif
Murailles fissurées
Solitude glacée, heures amères
Bonheurs effeuillés par le temps
Le futile s’amoncelle,
Etouffant les flammes des jours
Et l’indifférence joue de plus en plus faux .
Les mots déserteurs vont dorer d’autres plages
Et l’on s’égare à les chercher
Dans la lueur du désespoir
L’écho se meurt et les sentiments défaillent
Même les vibrations musicales se font imperceptibles
Et les vagues repartent comme elles étaient venues
Tristes et grises, silencieuses comme un renoncement
Même les lourds nuages sont partis ailleurs
Déverser leur trop-plein d’amertume
Le ciel égratigné bien trop pâle pour un printemps
Repeindra pour demain la soie fragile de son azur .