La trame du velours se devine
La ligne musicale se dessine
Le sens du vent se fleure
Le flou s’assagit et le réel transparaît .
Et les images qui défilent au ralenti
Sortent du miroir d’argent .
La nostalgie se fait musique
Et le rêve cristal .
Les couleurs espérées ont changé de rive
Le mystère fragile tangue sans la brise
Le voyage onirique n’offre qu’un ailleurs trop frêle .
Des mots-bâtisseurs qui font surgir des murs
Des mots-protecteurs qui dessinent des contours
Des mots-clés qui ouvrent le monde
Des mots-radeaux qui lèvent les voiles
Des mots-couleurs qui repeignent les jours
Des mots-ballades qui dansent les musiques
Des mots-voyages qui franchissent les mers .
Dans le règne glacé de la démesure
N’avoir rien à offrir que des mots trop pâles
Laisser flotter les sentiments sans les cueillir
Observer le vide d’un regard nonchalant
Et balayer d’un geste les images trop vives
Sans retenir le feu des espoirs passionnés,
Et laisser à regret fuir le rêve,
Et déambuler sa pensée dans des rues sans âme
Et puis ouvrir enfin la parenthèse
Sur un contraste flamboyant
Entre la douce aurore et l’or du couchant .
Souligner les mots avec la force du désespoir
Pour qu’ils donnent enfin le meilleur d’eux-mêmes
Appuyer les notes avec le poids des sentiments
Pour qu’elles jouent plus clair et plus fort
Chasser du regard les nuées indésirables
Et recouvrir l’horizon avec l’or du présent
Accrocher les voiles nacrées en attendant le vent
Et peindre le voyage sur la carte du rêve .
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