Désenchantement
Saveur douce-amère de la tristesse
Que l’on retrouve un soir
Nostalgie diaphane qui se dessine
Paysages délavés qu’on entrevoit à peine
Rêves fatigués qui n’insufflent plus
Qu’un espoir trop faible pour durer
Les notes qui s’élèvent à contretemps
Ramènent d’autres vagues, et les plages se rident .
Les perles d’azur se noient comme des larmes .
Plus rien ne coule que des ruisseaux oubliés
Et les rayons de lune s’échappent déjà .
Le goût de la solitude est revenue avec le printemps
Les souvenirs usés retrouvent un peu de force
Mais les mots retombent tout doucement .
Le paysage désenchanté se noie dans les brumes
Les couleurs éperdues se bercent de nostalgie
La verte douceur du printemps n’apaise qu’un instant
Et la tendresse éparse se fige pour un temps .
Et le charme se déchire insensiblement
Dans le soir déçu le rêve s’éloigne
Même le souvenir a le goût de l’automne .
Message désabusé d’un pays sans mémoire et sans âme,
Fleuves oubliés qu’on laisse mourir négligemment
Le silence, seule règle d’or, n’a même plus de valeur
Dans le règne du métallique aucune corde ne vibre
Des foules en noir et blanc avancent nonchalamment
Les gammes perdent leurs notes, insensiblement
Les plages oniriques se ferment une à une
Les paradis artificiels dorment depuis longtemps
La pluie désavouée a perdu ses couleurs
Dans un dégradé de gris disparaît l’arc-en-ciel
Et la lumière s’effarouche et va vernir
D’autres paysages
Plus profonds et plus vrais plus riches et plus forts .
Etendue infinie où règne l’insondable
Triste océan sans alizé
Où les voiles du rêve se fanent .
Sur l’horizon incolore, nul frémissement
Le temps est à l’ennui
Et des nuées sans âmes
La tempête se détourne .