Vendredi 1 février 2008

Mots de rien et mots pour rien

Rien ne sert jamais à rien

C’est connu et reconnu

On passe et on n’en parle plus .

On parle mais tout ce qu’on tait

On ne le saura jamais

Passer vite à autre chose

Quelque chose de plus rose

 

          Quel temps demain ?

          Ca va, ça vient

          Tout se répète

          Même les tempêtes

         

Il y a toujours de quoi rire

Ce qui cloche c’est un soupir

Un bémol, un demi-ton

Ca n’est pas ça le bon son

Qu’est-ce qui s’est passé, déjà ?

Rien, on ne s’en souvient pas .

Tout cacher, ne rien gâcher

Quotidien préfabriqué

 

On ne va pas s’arrêter

Sur ce terrain, chasse gardée

On ne peut pas être en cause quand c’est le monde qui implose

Il reste les bons sentiments

Ceux qu’on déclame tout le temps

Ne pas creuser la question

Et tout tournera bien rond .




                     Après le crime qui laisse en vie

 

L'humiliation, la honte, le dégoût et le sentiment de culpabilité n'auront pas de fin . Elle ne pense plus qu'à mourir, mourir avant d'avoir vécu, poupée de porcelaine en miettes qui jamais ne se reconstruira une identité, une estime de soi, elle est à bout de tout et rien se sera recollé, de ces mille et un morceaux il ne reste presque plus rien, rien qu'un corps à haïr et à détruire, alors vie barrée, marquée au fer rouge, vie impossible, interdite, proscrite, dépersonnalisation, déstructuration, identité volée, violée . L'envie d'en finir car l'indélébile ne s'effacera que si sa vie à elle s'arrête brutalement, alors elle songe déjà à laver de tout son sang l'horrible souillure, elle n'est pas assez morte pour ne plus rien ressentir, elle n'oubliera jamais, ne vivra pas, survivra peut-être, coupable d'innocence, de cette culpabilité terrible qui frappe les victimes qui se taisent, silence noyé de peur ... le bourreau en images martelées dans sa tête qui éclate . Au moment du pire, son esprit s'est fait la malle, plus de force dans la lutte, alors en finir, seule idée qui soit restée comme une improbable fuite dans les ténèbres . Désormais tout sera noir et couleur de sang . Beauté défigurée, vie broyée . Survivre après ça ... et se taire, est un calvaire . Le vivre relève de l'impossible, humainement . Mettre des mots sur la souillure et tenter ainsi d'éloigner de soi la honte et le sentiment si lourd de culpabilité, accepter d'endosser l'image improbable de la victime dans un tel contexte de violence est bien plus qu'un simple défi . Condamnée à vivre sur le fil du rasoir . Et après ... plus que des nuits sans lune, envahies par la peur et l'indicible angoisse . La survie ... blême, épuisée, broyée . Je connais cette femme-enfant, je sais tellement ce qu'elle ressent ... Eteinte . Et néanmoins, à tout jamais torturée . Ad vitam aeternam . 

         

 

 

 

par Liza communauté : L'écriture dans tous ses états
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