Mots de rien et mots pour rien
Rien ne sert jamais à rien
C’est connu et reconnu
On passe et on n’en parle plus .
On parle mais tout ce qu’on tait
On ne le saura jamais
Passer vite à autre chose
Quelque chose de plus rose
Quel temps demain ?
Ca va, ça vient
Tout se répète
Même les tempêtes
Il y a toujours de quoi rire
Ce qui cloche c’est un soupir
Un bémol, un demi-ton
Ca n’est pas ça le bon son
Qu’est-ce qui s’est passé, déjà ?
Rien, on ne s’en souvient pas .
Tout cacher, ne rien gâcher
Quotidien préfabriqué
On ne va pas s’arrêter
Sur ce terrain, chasse gardée
On ne peut pas être en cause quand c’est le monde qui implose
Il reste les bons sentiments
Ceux qu’on déclame tout le temps
Ne pas creuser la question
Et tout tournera bien rond .
Après le crime qui laisse en vie
L'humiliation,
la honte, le dégoût et le sentiment de culpabilité n'auront pas de fin . Elle ne pense plus qu'à mourir, mourir avant d'avoir vécu, poupée de porcelaine en miettes qui jamais ne se reconstruira
une identité, une estime de soi, elle est à bout de tout et rien se sera recollé, de ces mille et un morceaux il ne reste presque plus rien, rien qu'un corps à haïr et à détruire, alors vie
barrée, marquée au fer rouge, vie impossible, interdite, proscrite, dépersonnalisation, déstructuration, identité volée, violée . L'envie d'en finir car l'indélébile ne s'effacera que si sa vie à
elle s'arrête brutalement, alors elle songe déjà à laver de tout son sang l'horrible souillure, elle n'est pas assez morte pour ne plus rien ressentir, elle n'oubliera jamais, ne vivra pas,
survivra peut-être, coupable d'innocence, de cette culpabilité terrible qui frappe les victimes qui se taisent, silence noyé de peur ... le bourreau en images martelées dans sa tête qui éclate .
Au moment du pire, son esprit s'est fait la malle, plus de force dans la lutte, alors en finir, seule idée qui soit restée comme une improbable fuite dans les ténèbres . Désormais tout sera noir
et couleur de sang . Beauté défigurée, vie broyée . Survivre après ça ... et se taire, est un calvaire . Le vivre relève de l'impossible, humainement . Mettre des mots sur la souillure et tenter
ainsi d'éloigner de soi la honte et le sentiment si lourd de culpabilité, accepter d'endosser l'image improbable de la victime dans un tel contexte de violence est bien plus qu'un simple défi .
Condamnée à vivre sur le fil du rasoir . Et après ... plus que des nuits sans lune, envahies par la peur et l'indicible angoisse . La survie ... blême, épuisée, broyée . Je connais
cette femme-enfant, je sais tellement ce qu'elle ressent ... Eteinte . Et néanmoins, à tout jamais torturée . Ad vitam aeternam .