Splendeur déchirante où la Vérité passe comme un éclair
Que l’on tente de saisir dans un geste désespéré
Pour cueillir au hasard un peu de grandeur
Ou ramasser au moins la poussière d’argent
Qui filait dans son sillon .
Mais l’étoile s’est envolée et l’on perd la mémoire
Et la lumière entrevue n’est plus
Qu’une lueur évanescente
Que l’on ne reconnaît déjà plus,
Souvenir diaphane sans origine et sans lien
Que l’on ne tentera même pas de retenir .
Les vagues ramènent la nostalgie
Nostalgie de rien, de souvenirs qui s’évaporent
Souvenirs toujours plus vides, usés par le temps,
Le temps d’un arc-en-ciel décoloré
On réinvente un passé semé d’étoiles
Mais les étoiles retombent
Et les vagues s’échouent
Ce n’était qu’un artifice,
Si fragile et si vain .
Soif à jamais inassouvie
De lumière d’or brûlant
De torpeur apaisante
De langueur océane
Source musicale intarissable
Où la Vérité s’écoule, simple et limpide,
Où les couleurs flamboient
Et où la Vie se danse avec passion .
Mélodie en mauve,
Murmures en demi-teintes
La douceur s’évanouit
Même le ciel s’attriste devant l’horizon
Et des sanglots coulent au creux des vallons
Et les arbres inclinés se penchent encore
Pour épancher le spleen débordant
Et le vent rassemblé à la dérobée
Les pétales arrachés
La pâleur s’efface alors
Et l’on recrée le silence .