La peur
Le soleil a pâli soudain …
Encore quelques murmures
Que le vent va balayer
Encore quelques flammes
Qui vacillent déjà
Et vont mourir avec le temps …
Les poussières d’étoiles
Eparpillées parmi les dunes glacées
S’évanouissent, noyées par le silence .
S’enfuir au loin pour ne plus rien détruire
Ou s’enfoncer dans le couloir des ténèbres
D’où la conscience est absente
Où la solitude est parfaite et définitive
Et effacer les tourmentes qu’on avait suscitées
Pour laisser les autres s’échapper dans leur liberté
Pour briser les remparts ensanglantés
Avec seulement un bouquet mauve fané
Symbole de la mort du printemps
Pour qu’un jour il ferme les blessures
Et qu’il apaise les flammes .
Les vents brisent leurs chaînes
Les marées se détraquent et s’affrontent …
Perdu au cœur des flots assombris
Le navire a cassé son ancre
Et s’est changé en radeau triste et sans voile
Errant comme un vagabond sans souvenirs
Et ne s’accrochant plus qu’aux rivages sans soleil .
La vie s’enfuit et la mort est partout …
Au détour de chaque chemin,
Dans chaque fleur qui s’éteint
Dans chaque saison qui se fane
Les forces de vie se changent en destruction
Une flèche vous atteint un jour
Et la blessure jamais ne se refermera
Et des perles de sang s’écoulent à l’infini .
Heures-parenthèses sans menace apparente
Quotidien inconsistant bercé
Par un oubli nonchalant
Empreintes légères que les marées emportent …
Heures en italique où l’impuissance fait loi .
Reprises à l’infini,
Temps souligné à jamais
Marques déchirantes qu’aucun vent n’efface .
L'enfance déchirée
Image d'ombre en noir et blanc . Monstrueuse violence . Elle s'effondre et se souvient de son enfance broyée, de ses larmes
silencieuses lorsque ... recroquevillée dans sa robe blanche on lui a volé ... v-i-olé sa pureté et son innocence, les fleurs dans ses cheveux défaits aussi pâles que son visage de petite fille
défigurée, déchirée, déchiquetée ... la douleur est toujours là, toujours aussi lancinante, son corps massacré, son coeur, son âme, sa vie . Elle saignera toute sa vie . A en mourir elle
souffrira . Toujours .