Ta couleur c’est le noir
C’est celle du désespoir
Tu ne te souviens plus, tu t’es perdu
Pourquoi as-tu l’air si éperdu
Ce monde n’est sûrement pas le tien
Pourtant même si tu n’as pas de liens
Si tout en toi est brisé, cassé
Il n’y aura personne pour réparer
Tu ne peux compter sur personne
Même et surtout si tu pardonnes
Mais ta couleur c’est le noir
Et c’est celle du désespoir
Comment fait-on pour faire naufrage
Tu ne savais pas tous les ravages
Des tempêtes qu’on ne voit pas venir
Surtout quand on essaie de fuir
Il n’y a jamais d’échappatoire
Tu n’auras pas ta propre histoire
Tu le savais, tes illusions
Etaient murées dans du béton
Tu as tout donné tu as tout perdu
Tu peux maintenant t’avouer vaincu
Tu t’es fait prendre par l’orage
La première fois c’était sans rage
Et comme tu n’as jamais pu changer
La vie n’avait qu’à te briser
Tu n’as pas d’avenir et plus de passé
Même le présent t’a dépassé
Encore un bout de chemin
Alors que tout est si vain
La survie n’est pas la vie
Plus rien à voir tout est fini
Larguer enfin les amarres
Pour le tout dernier départ
On n’y verra que du feu
Ce ne sera pas un adieu
Je n’ai pas vu grand-chose
Pas un seul nuage rose
Même les doutes se sont enfuis
Les questions sont toutes parties
Il n’y a plus de moulins à vent
Mais ça n’était pas mieux avant
Il n’y avait que la solitude
Celle dont on a l’habitude
On tue les peurs, les douleurs,
On fait taire ce qu’on a dans le cœur
Pourquoi personne ne m’a dit
Ces mots que je n’ai pas appris
Seule avec mes sentiments
Et ce silence, tout le temps,
Pas d’avant et pas d’après
Même pas l’espace d’un instant
Les heures ça cogne dans le cœur
Et la vie, pas même ailleurs .
Tu voudrais juste ne plus penser
Mais il te vient toutes ces idées
Ca ne ressemble à rien, ça ne sert à rien
Pourtant tu sais qu’il n’y a rien de bien
Tu devrais passer ton chemin
Personne ne veut te dire … reviens
Laisse tomber
tu n’as déjà plus rien
Les souvenirs
ça va ça vient
Je sais trop bien ce que tu ressens
Moi c’est pareil j’y pense tout le temps
Ca me fait mal je suis comme toi
J’essaie encore mais je n’y arrive pas
Il n’y a rien à faire il est trop tard
Il n’y a plus personne sur les quais de gare
Tous les bateaux ont levé l’ancre
Et toi tu t’es fait un sang d’encre
Tu aimais tant, tu aimais trop, là-bas
Mais tu vois bien qu’il n’y a plus personne
Arrête d’entendre ce qui résonne
Je n’ai pas le droit il y a tellement pire
Il faut toujours se le redire
Garde bien tes larmes à l’intérieur
Et si tu saignes c’est dans ton cœur
Relève-toi, ne t’arrête surtout pas
Il n’y aura jamais de place pour toi
Alors tais-toi, oublie les mots
Et toutes ces notes dont tu as l’écho
Cache ton regard il en dit trop
Tu dois dire que le monde est beau
Tu n’auras personne à tes côtés
Tu seras pieds et poings liés
Surtout pas l’ombre d’une question
Sinon c’est fini pour de bon
Tu n’existes pas et tu n’es personne
Ce n’est pas pour toi que le glas sonne
Et même si tu es seul à l’entendre
C’est ta faute, tu t’es laissé prendre
Suis la cadence où t’es foutu
Tu n’as pas le choix tout est prévu
Ce ne sera jamais dans la dentelle
Et ne tire pas trop sur la ficelle
Un conseil surtout ne t’attache pas
Il n’y a personne pour te tirer de là
Oublie les chemins de traverse
C’est là-bas que sont les averses .
Dans cette vie-là il n’y a pas de rêve
Il n’y a pas non plus la moindre trêve
Pas de repos ni de répit
Tiens-toi bien droit et surtout suis
Et si parfois vient une rupture
Dis-toi seulement pourvu que ça dure
Tu ne connais même pas ta chance
Alors tu as tout perdu d’avance
Souviens-toi que c’est la vie
Il n’y a rien d’autre que des
non-dits
Tu te sens seul, fais comme les autres
Ne t’en prends qu’à toi, c’est de ta faute
Et puis tu n’as qu’à cacher tes larmes
Ca pourrait passer pour une arme
Tes secrets doivent être bien gardés
Et ne dis rien si tu es paumé
Il n’y a rien qui soit le grand frisson
Il n’y a même plus la moindre saison
Ne cherche pas d’autre horizon
Tu n’as pas le choix c’est ta maison
Tu ne pourras aller nulle part
Encore moins parler de hasard
Oublie que tu as un peu souffert
Si tu essaies de bouger tu perds
Et si en plus tu essaies de penser
Alors là tu te fais des idées
On achève bien les chevaux
J’implore que l’on m’achève
Je n’ai plus la force de mettre fin à mes jours
Mes mots s’effaceront avec moi tout partira
J’ai toujours su que je ne laisserais aucune trace
Le miroir me faisait peur, je l’ai cassé il y a longtemps
Personne ne comprendra, personne ne saura
Ma blessure est la plus mortelle
J’ai survécu bien trop longtemps
C’est à genoux que je meurs
Je suis à terre je n’ai plus de sang
Toutes mes larmes sont intérieures
Je suis coupable d’avoir été victime
Je me hais au-delà de tout
Mais je vous aime tous,
Vous qui ne m’avez pas fait de mal
Je ne peux même pas haïr ceux qui m’ont tant fait souffrir
Je n’ai jamais vécu, je n’ai que survécu
J’ignore la douceur, la tendresse, et tout le reste
Je n’ai connu que la violence
La vie m’a transpercé le cœur
Je ne sens que la souffrance
Où est l’humanité de ce monde meurtrier
Pourquoi tant d’acharnement sur les plus faibles
Je n’ai que le silence, j’ai le souffle coupé
Par pitié, qu’on me laisse mourir enfin,
Qu’on m’achève, au moins,
Je n’irai pas plus loin .
La pluie glacée vient des ténèbres
Et c’est l’heure où je meurs
Il n’y a plus de ciel il n’y aura plus d’étoiles
Aucune lumière ne reviendra
Eclaircir un nouveau jour,
Il n’y aura pas de demain
Je suis hors-la-vie, je vais mourir enfin
L lame du couteau ne se voit même plus
Mon regard fêlé sera bientôt voilé
Que la mort m’emporte,
Je n’aurai connu aucune sérénité
Il n’y a plus de saisons, de couleurs ni de sons,
Les trois petites notes sont parties elles aussi
Condamnée à l’errance,
Coupable de silence,
En me coupant le souffle
On m’a coupé les ailes
Je vais tomber sans fin,
Je ne sais pas voler puisque
Je n’ai pas appris à rêver .
Tout est fini mais je souffre encore
Je n’aurai pas de repos .