Vendredi 1 février 2008

                

                      Les larmes de l’âme

 

Encore, toujours cette douleur dans le cœur

Les perles de sang ne coulent qu’à l’intérieur

Souffrance-torture, bien cachée, toujours voilée,

Puisqu’il faudra toujours tout dissimuler

Même les blessures et les fêlures d’un regard

La solitude a comme un goût de départ

Toujours le même vide, si dur, si dévorant,

Silence meurtrier comme le froid mordant

 

         Si ce n’était qu’un vague à l’âme

         On pourrait croire à un demain

         Mais on étouffe toutes ses larmes

         Et tout sera toujours trop loin

 

L’amertume est toujours un courant violent

Et les dérives de tous les non-sentiments

Trop tard pour tous ces instants de vue perdus

Ces rêves échoués, désillusions éperdues

Et ce flou falsifié qui n’est que brouillard

Tout est là pour dire il est déjà trop tard

Les larmes de l’âme ne se verront jamais

Ou dans un autre monde qui serait plus vrai

 

         Si ce n’était qu’un vague à l’âme

         On pourrait croire à un demain

         Mais on étouffe toutes ses larmes

         Et tout sera toujours trop loin

 

Les douleurs trop secrètes, celles dont on meurt

Les couleurs perdues, arrachées comme des fleurs

Tant de soleils noyés au fil de ce temps

Par un silence cruel, dur et menaçant

On dit pourtant que le ciel ne pleure jamais

Alors on s’efface doucement, on disparaît

Parce que les nuits sans lune sont les plus glacées

Les étoiles s’éteignent dans une vie déchirée

 

           Si ce n’était qu’un vague à l’âme

           On pourrait croire à un demain

           Mais on étouffe toutes ses larmes

           Et tout sera toujours trop loin
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Vendredi 1 février 2008

                    Les lendemains

 

Les lendemains sont toujours sombres

Il ne reste plus que des ombres

Le vide triomphe, si familier

On n’a pourtant rien oublié

Ce qu’on essaie de retenir

Dans la détresse c’est un sourire

Lueur fragile à en mourir

Pourquoi faut-il toujours partir

Encore et toujours renoncer

Recommence à endurer

Tout ce qui est toujours le pire

Toujours souffrir et ne rien dire

 

                 Pourquoi n’était-ce qu’un instant

                 Echappé, dérobé au temps

                 Et ce silence qui harcèle

                 On sait trop bien ce qu’il recèle

                

La nuit, la peur, tout a repris

Pourquoi la vie est-elle partie

Certains ne peuvent que l’entrevoir

Et l’on se meurt de désespoir

Tout est si vain, si dérisoire,

Fallait-il donc ne pas y croire ?

Le lendemain tout disparaît

A la dérive toujours après

Il restera pire qu’un regret

Mais si le lien était bien vrai

Tout passe, tout lasse et l’on se casse

Brisé par ce qui nous dépasse

 

Douleur amère, pas de candeur

Et à nouveau, la même fadeur

Un vide en plus, un lien trop loin

Il est trop tard on le sait bien

C’était juste un peu de couleur

Et l’on retourne à la noirceur

Que reste-t-il de cet instant

Rescapé, arraché au temps,

On a rejoint, trouvé quelqu’un

Et les notes ne sont pas si loin

Même à genoux on se retient

Une promesse, celle de ce lien .

 

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Vendredi 1 février 2008

Les oubliettes, les jours de fête

La mort, le temps qui nous casse

Comment faites-vous pour l’oublier

La peur je la connais, elle me dévore

Mais je n’ai pas recours au dérisoire

Aux illusions, aux rêves,

Tout est acéré, ronces, épines,

Lames en tous genre

Et larmes fatales

Je suis sans arme,

Achevez-moi,

Je veux bien de votre pitié

Puisque c’est tout ce que vous m’accordez .

 

 

                       L'innommable 

Aux monstres prédateurs qui s'attaquent aux proies faciles, aux plus fragiles, car ces criminels abjects sont immondes de lâcheté ... je dis en ce jour : Regardez-vous en face, jugez-vous, vous-mêmes, si vous en êtes capables ... mais je sais trop bien que vous ne l'êtes en rien . Que savez-vous du sentiment de culpabilité justifié ? Rien . Absolument rien . Vous qui êtes des broyeurs de vie, vous qui laissez vos victimes à moitié mortes après avoir accompli cet acte innommable sur lequel vous tournez aussitôt la page ... vous les laissez à moitié mortes mais pas assez pour qu'elles puissent ne pas ressentir le pire, l'irrépressible envie de mourir, transpercées de part en part, souillées à tout jamais, maculées d'un sang qui leur laisse une horrible sensation de dégoût, de honte, de révulsion, de répulsion, leur corps, leur coeur, leur âme, on leur a tout volé, tout violé, alors à part mourir pour qu'enfin tout s'arrête, pour que l'indélébile disparaisse dans les ténèbres perpétuels, que peuvent-elles faire après ça ... Se haïr, haïr leur corps massacré, détruit, et à détruire désormais, puisqu'elles ne sont plus que souillure à leurs propres yeux, parce qu'après la pire des effraction dans l'intimité de l'être dans son intégralité, on est vide de vie ... on ne songe plus qu'à disparaître corps et âme ... Vêtements arrachées, dans une violence démesurée, bien pire que bestiale ou barbare, inhumaine ... L'homme est un prédateur de la pire espèce . Cette femme à la beauté assassinée, au regard baissé, détourné, noyé de honte et de sentiment de culpabilité, ne peut comprendre qu'elle est une victime, qu'elle n'a rien suscité, rien provoqué, que l'inhumanité du monstre qui l'a broyée n'est que celle de son bourreau, et qu'elle n'est coupable de rien ... mais terrible paradoxe, elle ne peut le concevoir . Appuyée à demi éteinte sur la roche sombre, sale, noire, elle a perdu toute blancheur immaculée à tout jamais . Plus de vie . Jamais .

 


Libellules et lucioles

Et cieux sans étoiles

Ceux du grand froid

Plus de métaphores

Les perles sont dispersées

Plus rien n’est plus

Illusoire-transitoire

Plus de voyage

Sur place on s’enlise et tout se brise

Que la mer de glace est amère

Plus rien n’est bleu .

 

 

 

On m’a condamnée au silence

A mes premiers balbutiements

Qu’a-t-on perçu dans cette présence

Dans mon regard un peu trop grand

User d’un tout autre langage

Eût été trop déconcertant

J’avais déjà vu trop de choses

Côté obscur, à contretemps

Avoir l’air d’un enfant s’apprend

Quand tout s’en mêle

Sang mêlé, suspecté .

 

 

par Liza communauté : L'écriture dans tous ses états
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Vendredi 1 février 2008

Ligne parfaite d’un horizon

Ne peut rimer qu’avec déraison

Union, accord, à l’unisson

Accord parfait à l’imparfait

Rien n’existe tout sonne faux

On n’entendra jamais l’écho

Toute la gamme

Entre les notes c’est un bémol qui se glisse

La musique se casse et mon âme se fracasse

Cristal de glace

Ma voix se meurt dans un silence

Je renonce …

 

 

 

On m’a pris mes derniers mots

Mes maux secrets, je les gardais

Mais cette mort qui me dévore

N’est pas de celles qui me transpercent

C’est celle des autres

Prenez ma vie puisqu’elle n’est rien

Mais donnez-la au moins à quelqu’un

Qui n’en a pas les moyens

Je ne voulais rien qui soit mien .

 

 

 

Comment fait-on pour vivre l’instant

Comment vit-on au présent

Tout ce passé décomposé

Barre la route au devenir

J’ignore tout de l’espoir

Je crois connaître le désespoir

Mais qui sait …

J’ignore tout de tout

Je ne suis rien du tout

Comment traverse-t-on les ponts

J’ai oublié les aqueducs

Images étranges, comme figées

Ce qui défile n’est que mortelle réalité .

 

 

 

Pour décider de son exil

Il faut avoir rêvé d’une île

Dommage, ce radeau de fortune

Est la cause de mon infortune

Il n’y a plus aucun rivage

Et je n’aurai jamais d’ancrage

Condamnée à l’errance

Je n’aurai pas de délivrance

Rien n’est jamais

L’œil du cyclone on le connaît

Et tous ces ravages

Dans la tourmente j’ai tout perdu

Même ce que je n’ai pas eu

L’espoir n’existe pas

J’avais besoin d’un amarrage

Cordes coupées

Trop tard j’ai fait naufrage

Il n’y a pas de transparence

Et jamais de délivrance

 

 

 

Silences mortels,

En m’arrachant les mots je m’arrachais la peau

Je suis redevenue cet esprit sans corps

Je n’étais nulle part

Toujours étrange, étrangère

Jamais à vos yeux familière

Je vous ai laissé faire

Mes regards se portaient ailleurs

Ne m’attendez plus

Vous ne me vouliez pas .

Alors je suis partie

J’ai quitté cette vie .

 

par Liza communauté : Les rêveurs naîfs
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Vendredi 1 février 2008

Mots de rien et mots pour rien

Rien ne sert jamais à rien

C’est connu et reconnu

On passe et on n’en parle plus .

On parle mais tout ce qu’on tait

On ne le saura jamais

Passer vite à autre chose

Quelque chose de plus rose

 

          Quel temps demain ?

          Ca va, ça vient

          Tout se répète

          Même les tempêtes

         

Il y a toujours de quoi rire

Ce qui cloche c’est un soupir

Un bémol, un demi-ton

Ca n’est pas ça le bon son

Qu’est-ce qui s’est passé, déjà ?

Rien, on ne s’en souvient pas .

Tout cacher, ne rien gâcher

Quotidien préfabriqué

 

On ne va pas s’arrêter

Sur ce terrain, chasse gardée

On ne peut pas être en cause quand c’est le monde qui implose

Il reste les bons sentiments

Ceux qu’on déclame tout le temps

Ne pas creuser la question

Et tout tournera bien rond .




                     Après le crime qui laisse en vie

 

L'humiliation, la honte, le dégoût et le sentiment de culpabilité n'auront pas de fin . Elle ne pense plus qu'à mourir, mourir avant d'avoir vécu, poupée de porcelaine en miettes qui jamais ne se reconstruira une identité, une estime de soi, elle est à bout de tout et rien se sera recollé, de ces mille et un morceaux il ne reste presque plus rien, rien qu'un corps à haïr et à détruire, alors vie barrée, marquée au fer rouge, vie impossible, interdite, proscrite, dépersonnalisation, déstructuration, identité volée, violée . L'envie d'en finir car l'indélébile ne s'effacera que si sa vie à elle s'arrête brutalement, alors elle songe déjà à laver de tout son sang l'horrible souillure, elle n'est pas assez morte pour ne plus rien ressentir, elle n'oubliera jamais, ne vivra pas, survivra peut-être, coupable d'innocence, de cette culpabilité terrible qui frappe les victimes qui se taisent, silence noyé de peur ... le bourreau en images martelées dans sa tête qui éclate . Au moment du pire, son esprit s'est fait la malle, plus de force dans la lutte, alors en finir, seule idée qui soit restée comme une improbable fuite dans les ténèbres . Désormais tout sera noir et couleur de sang . Beauté défigurée, vie broyée . Survivre après ça ... et se taire, est un calvaire . Le vivre relève de l'impossible, humainement . Mettre des mots sur la souillure et tenter ainsi d'éloigner de soi la honte et le sentiment si lourd de culpabilité, accepter d'endosser l'image improbable de la victime dans un tel contexte de violence est bien plus qu'un simple défi . Condamnée à vivre sur le fil du rasoir . Et après ... plus que des nuits sans lune, envahies par la peur et l'indicible angoisse . La survie ... blême, épuisée, broyée . Je connais cette femme-enfant, je sais tellement ce qu'elle ressent ... Eteinte . Et néanmoins, à tout jamais torturée . Ad vitam aeternam . 

         

 

 

 

par Liza communauté : L'écriture dans tous ses états
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Vendredi 1 février 2008

On reçoit tant de mots qui blessent

Et si peu de mots-caresses

Qu’on se dit que la tendresse

C’est comme toutes les promesses

Il en pleut comme des cordes

Mais elles se désaccordent

Ca veut dire la discorde

Et alors tout concorde

 

         On n’est blasé

         On ne laisse jamais tomber

 

On ne dit jamais j’ai mal

Comme un gilet pare-balles

Mais le moteur qui cale

Veut dire qu’on se fait la malle

On montre une seule facette

Rembobine la cassette

On est une pile d’assiettes

De porcelaine en miettes

 

Personne ne sait ce qu’on avale

Parce que dès qu’on dévale

Et dès qu’on se décale

On veut que tout soit égal

On s’est dit il n’y a plus rien

Et il n’y a que le froid qui vient

Dernière lettre qui parvient

Je suis partie et on revient .

 

 

par Liza communauté : Poieîn=créer
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Vendredi 1 février 2008

                       Pardonne-moi

 

 

Je vois ce qui s’esquisse dans tes yeux

Je ne sais pas comment éteindre un feu

Mais ce que je vois naître et qui brille

C’est tout sauf une lueur qui scintille

Et je ne sais pas comment empêcher ça

Je t’en supplie arrête ne fais pas ça

Pour rien au monde je ne l’aurais voulu

Tu ne peux pas savoir comme ça me tue

 

Je vois bien que c’est trop tard je n’y peux rien

Mais tout ce que je voulais c’était ton bien

Maintenant tout ce que je vois c’est que je t’ai fait mal

Je ne voulais te donner que des opales

Comment j’ai pu faire pour me planter

C’est pas possible je ne voulais pas te blesser

Je te connais si bien, je sais ce qui se passe

Mais je n’y peux rien, pardon, ça me dépasse

 

Ne va pas plus loin je ne supporterai pas ça

Je ne veux pas que ce soit moi qui t’ait fait tout ça

Mais je ne peux pas faire comme si ça n’était rien

Surtout que mes mots c’était pour ton bien

Parce que je t’aime trop pour rester si loin

Mais je suis désarmée je ne sais pas très bien

Comment on prend quelqu’un dans ses bras

Je vais craquer je n’y arriverai pas

 

         

         Tes larmes qui coulent me brisent le cœur

         Je n’ai toujours voulu que ton bonheur

         Je n’ai jamais pu supporter qu’on pleure

         Ca me fait toujours plus mal et toujours peur

 

         Ces mots sont ceux que je n’entends pas

         Ces sentiments sont miens, le silence s’abat

         Dire qu’on est seul au monde est un poncif

         Pourtant mon cœur s’arrache sur ces récifs .

 

par Liza communauté : SOIF DE LIRE...
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Vendredi 1 février 2008

En ce jour nous sommes tous réunis sans les larmes

Devant Dieu les hommes tous ensemble déposent les armes

Rebelles fidèles nous te suivons toi qui Là-Haut

Nous montre l’étoile à suivre là où tout est si beau

Tu savais déjà tout de ce monde sans cadeau

Tu disais entre les mots je vous quitte bientôt

N’attendez pas ne regardez pas en arrière

Tu as rejoint les astres et la plus belle lumière

Sans rancune sous la lune, sans rancœur sans malheur

Pourtant au fond de mon cœur j’ai cette atroce douleur

On a grandi, mais jamais on ne s’est quittés

Entre nous il y avait ce lien indestructible

Personne d’autre que toi ne m’a appris l’indicible

J’ai si mal mon frère je te cherche sans cesse

Au fond de mon cœur ça résonne à fond la caisse

Je sais tu m’as laissé tous les mots de chaleur

Mais j’y peux rien c’est glacé encore dans mon cœur

Je te revois j’ai ton sourire qui me déchire

C’est encore trop tôt je sais plus ce qui m’attire

L’avenir de ce temps les promesses du futur

Engagés on l’était contre toutes les tortures

Je vais je viens, je me retourne pour te chercher

Je sais que c’est pour rien j’peux pas m’en empêcher

C’est ensemble qu’on s’est battus pour les justes causes

Mais y’a encore tellement de questions que je me pose

Avec toi c’était black and white, toutes les couleurs

J’me souviens ton regard je le connais par cœur

T’inquiète pas mon frère je me remettrai debout

J’ai vraiment mal tu sais mais j’t’ai promis c’est tout

C’est bien ce que tu voulais qu’on prenne la relève

Je garderai pas le silence mon frère d’accord je me lève

Tu t’es arrêté là, acceptant ton Destin

Toi tu n’as pas eu peur en pensant à la Fin

Tu as surtout pensé rien n’est jamais fini

Les larmes du cœur s’en vont rejoindre toute cette pluie

Pour toi je continuerai comme pour une prière .

T’es plus que mon ami, t’es mon tout, t’es mon frère .

 

 

 

par Liza communauté : Expression en rimes.
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Vendredi 1 février 2008

 

            



           Pour redonner un peu de bleu

 

 Tu sais je suis vraiment bancale

Mais si tu t’appuies sur moi

Tu peux me dire ce qui te fait mal

Je serai toujours là pour toi

Même si je ne sais pas grand-chose

Et si je reste pour un instant

Ce n’est pas pour faire une pause

C’est pour toi en t’écoutant

Je vais rester là encore un peu

Je fais vraiment tout ce que je peux

 

Je connais bien ta souffrance

Mais je ne te parlerai pas de la mienne

Je suis là pour toi, pour que tu te lances

C’est normal que je me souvienne

Tu sais tu peux me faire confiance

Je me tairai quoi qu’il advienne

C’est ma vie, je suis de passage

Crois-moi, je resterai là

Même si je ne crois pas aux mirages

Je te donnerai tout ce que j’ai

 

Tu sais que je sais écouter

Et même si je ne compte pour personne

Ca ne fait rien je peux aimer

Juste être là pour les autres

Quand ils ont besoin de quelqu’un

Même si je ne suis pas des vôtres

Si ce monde n’est pas le mien

On ne parlera que de toi

Et même si je me souviens trop bien

Qu’après pour toi je ne serai plus rien .

 

par Liza communauté : Parlons d'amour
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Vendredi 1 février 2008

Quelques mots pour rien, pour la dernière fois.

Quelques mots déjà éteints, griffonnés en vain .

Etre, encore, et n’avoir jamais été … Finalement, pas un instant .

Rien d’autre qu’un grain de poussière qui n’a fait que passer,

De ceux qui gênent un peu et dont on ne souhaite

Que se débarrasser le plus vite possible .

On les balaie d’un geste, quoi de plus normal

Et quand ils disparaissent il ne manque rien au décor .

Bien au contraire, il n’en et que plus net, sans tache .

A croire que la perfection existe en apparence .

Quoi qu’il en soit les coupables se doivent de disparaître,

Un jour ou l’autre, un jour où l’on croit que rien ne se passe .

Il est toujours bien plus tard qu’on ne le pense.

Et quoi que l’on dise, il est des vies qui ne laissent aucune trace .

Simplement parce qu’elles n’ont jamais été des vies véritables .

Alors peut-on malgré tout parler de la souffrance ?

Ou doit-on rester jusqu’au bout dans l’indicible par décence …

Une vie en mille morceaux ne vaut même pas la peine qu’on en parle .

Alors les mots interdits finissent comme il se doit .

Noyés dans l’océan de l’indicible, de l’innommable, de l’insondable .

Le miroir brisé, ça n’avait vraiment rien d’original .

On meurt comme on naît, dans la plus destructrice des solitudes

Après avoir été broyé au quotidien, après avoir trop lutté

On s’efforce de ne pas compter les années parce que la douleur est bien trop vive pour qu’on l’arrache au non-dit

Alors quand vient la fin on se donne le droit, pour la première, la seule, et la dernière fois, de l’écrire, à défaut de la dire .

Nul n’en aura jamais  soupçonné l’intensité, l’acuité ni la violence lancinante .

Les mots ont été inventé pour qu’on les taise .

C’est peut-être le pire des paradoxes, et le plus dangereux

Car il donne libre-cours au silence, et c’est lui qui est assassin .

Et quand vient la nuit où l’on sait qu’il n’y aura pas de suite,

Parce que la dernière étincelle vacillante qui était tout, pourtant, s’est éteinte brutalement sans que l’on sache pourquoi .

Alors on se retrouve écrasé par la pire des violences,

Et on sait qu’à la question « pourquoi ? » il n’y aura pas de réponse .

Pourquoi y a-t-il eu, alors, l’illusion d’un sentiment ?

Si rien n’avait de sens, c’est une vie de trop,

Une vie trop pesante qui s’arrête sans raison, puisqu’elle n’avait pas de raison d’être,

Puisque les chimères, même les plus infimes, sont ravageuses .

L’enfer, c’est soi-même . Et ce monde sans réalité .

Et si les regrets subsistent jusqu’au dernier instant, jusqu’au dernier souffle, c’est juste parce que le poignard était déjà en place, et que l’on était exsangue

A force d’avoir trop résisté, pour un regard, pour un mot, pour un rien, pour avoir commis le crime  d’avoir le cœur chaviré, mais les années ont passé, et il finit vrillé .

Aucun instant de répit ne sera survenu .

Dans cette demi-vie plus lourde que l’Eternité .

Le néant ne sera rien . Le pire c’était cette vie .

L’espoir, même infime, fait qu’on se voit infliger le pire des châtiments, la pire des tortures, le supplice le plus intérieur .

Alors que reste-t-il, sinon cette mort qui n’apportera même pas la paix .

Etrange vie qui ne se sera déroulée que dans l’atrocité .

De celle que l’on taira à jamais, quoi qu’il en coûte, parce que l’on se juge indigne, même de cela .

Tout est fini, mais les meurtrissure, les blessures, les fractures, tout ce qui fait que la vie transperce sans jamais rien donner qui puisse ne serait-ce qu’atténuer cette souffrance incommensurable que personne, jamais, ne doit savoir,

Tout comme le manque, l’absence, le vide et le silence, toujours présents, et les souvenirs déchirants, même déchiquetés,

Tout cela restera dans le non-dit . Jusqu’au bout .

Mourir sans avoir le droit de plonger une dernière fois son regard dans celui de l’autre,

Sans un bras pour retenir le geste ultime, sans une main pour réchauffer le cœur, quand on est déjà dévoré par la peur, et l’horreur des ténèbres où l’on va être englouti .

Rien, plus rien . Le silence a eu le dernier mot . Tout comme la transparence .

C’est comme ça que l’on meurt . Comme si n’avoir connu que la violence d’une non-vie ne devait donner droit qu’au pire, à la mort la plus cruelle qui soit .

Celle que l’on se donne … parce qu’il n’y a plus personne .

Seul le silence en écho … Jusqu’à l’ultime limite, celle que l’on croit possible de reculer sans cesse .

Mais avant la déraison, il y a trop de flash-back en noir et blanc … trop de sang .

Alors c’est à tout cela, confusément, absurdement, que l’on met un terme . Par épuisement, tout simplement .

Parce que les chocs répétés, la tête contre les murs, fracassée, et le cœur écrasé sous le poids de l’indicible, et tous ces petits riens assassins, un jour, ont raison du non-être .

C’est aussi simple que cela . Une vie inutile .

Une vie pour rien, à laquelle on met fin, exsangue, dans l’épuisement, et l’abandon .

L’âme cassée .



              Le refuge de la femme devenue guerrière

Poursuivie, hantée par ses vieux démons qui ne lui laissent aucun répit elle ne trouve plus que des refuges d'infortune et ne connaîtra jamais la paix de l'esprit . Anéantie par la menace et la violence omniprésentes, plaquée contre un mur sombre elle vacille, son regard déchiré s'en va très loin, éteint . Désarmée par la constance de la plus terrible des réminiscences elle n'est plus rien . Elle ne lutte que pour sa survie car sa vie n'est plus qu'une sempiternelle fuite en avant qui l'épuisera bien avant l'heure . Même la lumière lui fait peur . Ses armes ne lui seront d'aucun recours, jamais, puisque tout reviendra dans le fracas de ses horribles souvenirs ... Toujours . 


 

 

 

par Liza communauté : Les mots dans tous leurs états
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