Within Temptation - Frozen
Dans la fêlure de mon regard
Je ne sais ce qui transparaît
Ce qui plane c’est toujours ce doute
Car même si coûte que coûte
Je parviens à rester debout
Ce qui me ronge, et tous ces coups
Assénés plus fort jusqu’au bout
Mon ciel c’est juste une parcelle
De ce vide que mon être recèle
Et même si c’est faux, si je mens
Si pour les larmes à tous vents
Je ne cède pas pour autant
En profondeur, toujours intérieures
Elles me font mal au fond du cœur
Toutes les flèches que l’on décoche
Sont là pour
que l’on s’y raccroche
Les tempêtes
ne rident pas l’eau
Des étangs,
c’est toujours trop
Il n’y a plus rien ni plus personne
Et ce glas c’est pour moi qu’il sonne
Ce monde si lourd est vraiment sourd
On se perd encore et toujours
A vouloir voir, à vouloir croire
Il n’y a plus rien à recevoir
Mais les blessures toujours mortelles
Font que chaque jour on chancèle
Où sont les gestes, où sont les mots
Je n’en reçois aucun, c’est faux
Tous ces échos si lancinants
Et tous ces manques, il en est tant
Je ne peux vraiment rien en dire
Ce qui m’attend, toujours le pire.
Je ne voulais que l’amnésie
Ca n’était pas la poésie
Je n’avais soif de rien
J’étais déjà allée trop loin
De ces déserts secrets on crève
Et ça n’est pas une fin brève
C’est la plus lente des agonies
De celles qui durent toute une vie
Un mot, à mon vocabulaire
Me manque comme point de repère
L’indifférence, la transparence
Sont du côté de la violence
C’est la secrète déchirure
Et ce sera la pire des tortures .
Tous les regrets et les remords
Reviennent planter dans le décor
La lame scintillante d’un couteau
On sait, c’est fatal, que bientôt
On reprendra tout en plein cœur
Sont des images toujours en flash
Qu’on sait trop vraies pour qu’on les cache
L’enfer,
c’est seulement la vie
Si tu le
peux, songes-y
Tu crois
pouvoir t’échapper
Mais tu
finiras cloué
Le réel est vraiment mortel
Et dans l’ombre il n’y a rien de tel
Pour regarder dans les miroirs
Et finalement toujours y voir
Les mêmes ruelles et les impasses
C’est bien là que toujours ça casse
Et même si certains se leurrent
Et comptent chaque jour leurs lueurs
Quand il fait sombre tout s’éteint
Alors pourquoi croire à demain ?
Il n’y a pas de temps pour le rêve
Car il n’y a jamais de trêve
On est tous seulement en sursis
Pas de quoi trouver de répit
Si renoncer à espérer
C’est voir la seule réalité
On n’a jamais d’autre chemin
Car c’est au même que tout revient
Je n’ai jamais eu de désir
Comme je n’ai jamais pu m’enfuir .
On dira ce que l’on voudra
Je sais que rien ne changera
C’est toujours du pareil au même
Quoi que l’on fasse, quoi que l’on sème
Il est un mot que plus jamais
Même en murmure je ne dirai
Je ne veux pas des passe-partout
La clé d’un cœur à l’autre bout
De cet îlot, là-bas, si loin
Quand on croit l’avoir rejoint
Il s’efface comme tous ces mirages
Qu’on entrevoit comme des nuages
Ne plus rien voir
Et ne plus croire
Seule barrière à cet enfer.
Passé-présent décomposés
Ce sont des temps morts fracassés
Qu’y a-t-il d’autre que des ravages
Rien à voir avec des rivages
On ne peut pas se raccrocher
Rien à voir avec le Mystère
C’est seulement parce qu’on doit se taire
Faute de pouvoir se faire entendre
Aucun instant de vie à prendre
Tout est voué à se dénouer,
Alors autant se délier
Et à la Vie ne rien dédier .
On n’échappe pas à la souffrance
Dans le même sens penche la balance
Tout est toujours voué à l’échec
Echec et mat et claquement sec
Vient le moment où tout s’éteint
Même le regard, car tout est vain
Autant savoir à quoi s’attendre
Et ne jamais se laisser prendre
A aucun jeu trop dangereux
Et ne jamais faire aucun vœu .
C’est toujours la mort qui veille
Elle non plus ne dort jamais
Si tant est qu’on la surveille
Elle est là et l’on se tait
A quoi servent les miradors
Si on met tout en veilleuse
C’est son triomphe, tel est le sort
Elle est toujours victorieuse
Tout ne sera que poussière
Même les drôles de météores
Elle est toujours si familière
Le
silence n’est jamais d’or .
C’est la Vie qui toujours fuit
Rien ne sert jamais à rien
Les bruits toujours assourdis
Le néant comme unique Lien
Comme unité on fait mieux
Les morceaux éparpillés
N’importe où dans tous les lieux
Tout a bien été pillé .
La violence n’est jamais douce
Elle fait saigner, elle déchire
Pas le temps que ça repousse
L’errance n’est pas un délire
Et s’il y a la dérive
C’est parce que l’on meurt de se taire
Faute d’atteindre l’autre rive
On s’enlise dans cette terre .
C’est absurde, mais c’est pour le nombre
Que juste avant que je ne sombre
Avant que l’ombre ne me rattrape
Et que je tombe dans cette trappe
Que je glisse sans artifice
Dans cette chute, rien de factice
C’est cette vie qui me poursuit
Sans me laisser aucun répit
C’est aussi banal que bancal
C’est ici que le moteur cale
Réception de l’image brouillée
C’est la fin du communiqué
Je suis aux abonnés absents
J’ai toujours manqué le présent
J’ai perdu toutes les couleurs
Pas d’arc-en-ciel dans la pâleur
J’ai perdu la petite musique
C’était la toute dernière crique
L’air de rien, elle me donnait tout
Et je suis allée jusqu’au bout
Vraiment si loin, si loin de tout,
Là où on ne trouve rien du tout .
Mémoire en sang, lambeaux de chair
Cette vie je l’ai payée trop cher
Ce qui m’a manqué,
Ce qui m’a tuée
C’était … presque rien
Alors tout est bien .
A peine sortie de l'enfance
... broyée
Les images les plus floues la torturent tout autant que celles dont elle se souvient avec une précision incisive, acérée comme la lame qui a entaillé sa chair, son coeur et son âme, au plus
profond de son être, déchirée, déchiquetée, perforée, transpercée dans son corps si violemment meurtri, c'est éperdûment qu'elle tente de remonter le fil du temps, pour tenter d'effacer l'horreur
de l'acte infâme, recroquevillée encore et encore, serrant sa vieille poupée en lambeaux et en loques, tout autant qu'elle, et son regard perdu, égaré, sera fêlé à tout jamais, car la
tache-souillure est indélébile, en elle tout est maculé de son sang et le restera toujours . La blessure est béance .